Zoom sur : le parachute

Celles et ceux qui ont suivi Émilien Lienard hier l’ont noté : à aucun moment, on ne parle aux élèves pilotes de parachutes !

Et pourtant, contrairement à une idée reçue, le parachute existe bel et bien depuis longtemps au début de la Première Guerre mondiale. Si l’idée d’un outil de toile permettant de sauter librement d’une grande hauteur apparaît dans les textes depuis l’antiquité, c’est l’arrivée des premiers ballons à air chaud qui va poser cette grande question : comment s’échapper de la nacelle de l’aérostat en cas de problème ?

De la fin du XVIIIe siècle jusqu’aux débuts de la Première Guerre mondiale, on n’a de cesse d’expérimenter. Depuis des ballons ou des structures suffisamment hautes comme des ponts, on parachute des objets, des chiens (!) mais aussi bien sûr, des candidats assez courageux – ou fous – pour se risquer à se jeter dans le vide. Nombre de tentatives sont des succès, mais un problème important se pose : ces premiers parachutes ne sont que très difficilement transportables. Et puisque c’est à partir de ballons qu’ils ont été testés, c’est pour les ballons qu’ils sont les plus aboutis (avec par exemple, des systèmes où le parachute est sous la nacelle et attaché au passager de l’aérostat par un harnais ; lorsqu’il saute, il est ainsi accroché au parachute qui peut s’ouvrir).

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Ballon d’observation anglais, 1908

Et l’armée utilise les ballons pour observer depuis ses lignes celles de l’ennemi. Aussi, les observateurs militaires disposent déjà de parachutes, car si le ballon venait à être menacé, ils ont pour ordre de sauter pendant que l’équipage au sol essaie de ramener l’aérostat au sol sain et sauf.

Mais quid des avions et des dirigeables ?

Ces appareils étant bien plus récents, on ignore encore comment adapter le parachute à leurs spécificités. Des inventeurs travaillent donc à l’élaboration de parachutes portatifs, que les aviateurs et équipages de dirigeables pourraient embarquer avec eux. Les problèmes sont nombreux : certains proposent des systèmes qui ne fonctionnent que si portés à bout de bras, d’autres des parachutes là encore attachés sous l’avion, donc risquant d’être endommagés par des tirs ou de se prendre dans le train de l’appareil au moment de s’éjecter, et la plupart sont tout simplement bien trop lourds et encombrants… on recherche donc un modèle portatif.

L’une des tentatives les plus célèbres, et les plus malheureuses, fut celle de Franz Reichelt, un tailleur français d’origine autrichienne qui convia la presse à venir assister à la démonstration de son costume-parachute lors d’un saut du premier étage de la tour Eiffel. Son système échoua, et l’inventeur fut tué sur le coup. Attention : sur ces images d’époque, on peut voir toute la tentative, y compris son funeste dénouement.

Il faudra donc attendre 1918 pour que l’armée allemande soit la première à équiper ses aviateurs de parachutes portatifs. Ceux-ci, encore imparfaits, causeront la mort de près d’un tiers de leur utilisateurs, mais sauveront un certain nombre de pilotes d’une fin tragique.

Pour tous les autres, et pour toute la guerre, les équipages d’avions et de dirigeables savaient ce qu’il en était. S’ils étaient touchés et qu’ils pouvaient encore manœuvrer, leur seul salut était dans un atterrissage rapide. Sinon, ils mourraient à bord de leurs machines. Certains se jetèrent malgré tout dans le vide, le plus souvent pour échapper aux flammes.

Et même pour les équipages de ballon pourtant équipés, sauter n’était pas une mince affaire.

Comme le montre cette dernière image ci-dessous, de deux observateurs britanniques sur le point de quitter leur aérostat.

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